Histoire de l’Architecture

Frank Lloyd Wright – Dans son livre « Espace Temps Architecture », S.Giedion affirme qu’il y a deux tendances différentes qui se développent dans l’histoire de l’architecture : celle qu’on peut appeler la rationnelle et géométrique ; et celle qu’on peut appeler irrationnelle et organique.
Quelle est la signification de cette perception de Giedion par rapport à la production de Frank Lloyd Wright ? (Préciser ce qui est l’interprétation de Giedion et ce qui est la vôtre).

Si Wright a libéré le plan de la maison américaine, c’est qu’il ressentait la nécessité d’une composition nouvelle, tendant à l’éclatement planaire permettant une restructuration spatiale à partir de nouvelles données. C’est ce que Giedion qualifie de tendance organique.
La notion d’irrationnel appliquée à l’oeuvre de Wright peut s’expliquer par l’importance qu’il accordait au feu dans la maison ou par son attitude face à la nature, lorsqu’il construisait sur une colline, une cascade ou dans un creux.
Si la maison de Wright s’ordonne autour de la cheminée, reprenant là un élément important de la traditionnelle maison des premiers américains, c’est bien que le sentiment irrationnel est prépondérant (le feu restant symbolique de forces occultes et primitives issues directement de l’inconscient, de l’irrationnel).
L’attitude de Wright face à la nature est également révélatrice de la prépondérance de l’irrationnel dans ses créations.

Il suffit de citer Le Corbusier pour illustrer toute la distance qui existe entre la tendance rationnelle et géométrique et la tendance irrationnelle et organique.
Il y a d’un côté l’affirmation claire et nette d’une création spirituelle, rationnelle, face au paysage, à la nature environnante. C’est la villa Savoye.
Il y a de l’autre, l’intégration parfaite, la disparition de l’oeuvre dans le site, son absorption par la nature, ou plutôt la faculté de l’oeuvre à assimiler la nature environnante, sa capacité d’intégration et par là même, sa force poétique fondée sur cette tendance irrationnelle et organique. C’est la maison sur la cascade.

Ce que nous pouvons dire, en conclusion, sur ces deux tendances développées tout au long de l’histoire de l’architecture, comme tout au long de l’histoire de l’art en général, c’est qu’elles ne sont pas récentes et que leur opposition n’a toujours pas finie d’être actuelle.
Citons pour terminer quelques exemples:
Apollon/Dyonisos dans la Grèce Antique,Van Gogh/Mondrian,Adolf Loos/Gaudi, Etc…

APPROCHE DE LA PRODUCTION CONTEMPORAINE
Paris – Novembre 1979


Le Corbusier – L’Esprit Nouveau ; Exposition des Arts Décoratifs Paris 1925.
Exposition « Paris-Moscou 1900-1930 »

L’exposition Paris-Moscou 1900-1930 présentait divers projets d’architecture. Cette juxtaposition offrait une vue d’ensemble et recréait partiellement ce qui fut le contexte propre à chacun d’eux. L’actualité des projets nous parvenait de cette vision rétrospective et chronologique qui permettait une analyse historique.

C’est dans ces conditions que le pavillon de L’Esprit Nouveau nous apparut.Lui seul, semble-t-il, posait de façon globale et synthétique la véritable question de l’ Architecture. Il s’agissait en fait d’un manifeste définissant clairement une doctrine architecturale. Son intérêt reste bien aujourd’hui d’avoir été la réponse tangible à une série de questions préalablement posées, de n’avoir pris forme que par rapport à elles.

Il y avait en 1925, pour Le Corbusier, cinq questions importantes:
1.la nécessaire négation de l’art décoratif et la prépondérance de l’architecture -celle-ci devant s’étendre du moindre objet d’usage mobilier à la maison, à la rue, à la ville.
2.la suprématie, sur l’artisanat, de l’industrie qui par sélection -par la série et la standardisation- crée des objets purs.
3.l’affirmation de l’oeuvre d’art pur.
4.la démonstration des transformations radicales et des libertés nouvelles apportées par le ciment armé ou l’acier dans la conception de l’habitation de ville.
5.les possibilités de la standardisation appliquée à l’appartement satisfaisant aux besoins d’un homme de « série ».

Sur ces données s’élabora le pavillon de L’Esprit-Nouveau, élément de base d’un système d’assemblage conférant aux immeubles collectifs de ville une échelle nouvelle.
L’espace interne du pavillon se développait sur deux niveaux en volumes simples, parallélipipédiques, où s’organisaient spatialement les diverses fonctions de la maison.
Une part importante du volume général se trouvait à l’air libre, constituant ainsi le jardin suspendu propre au nouvel habitat.
Le pavillon se composait d’éléments standardisés, préfabriqués et facilement transportables. Les poutres de ciment armé, par exemple, étaient répertoriées et le nombre des diverses portées contrôle. L’économie de moyens abaissait le coût de construction.

L’Esprit-Nouveau investit également le mobilier, qui fut totalement transformé. Il s’agissait en fait de proposer un système nouveau d’organisation, de fournir à la maison l’équipement adéquat au logis moderne. On fit donc l’analyse des fonctions et l’on procéda au classement des divers éléments nécessaires à l’exploitation domestique. Les armoires, buffets ou autres symboles de la domesticité se métamorphosèrent en casiers métalliques, standardisés, incorporés ou appuyés au mur.

APPROCHE DE LA PRODUCTION CONTEMPORAINE
Paris – Novembre 1979